Communiquer sur sa démarche Zéro Déchet

Lorsqu’on s’engage sur de nouveaux chemins, cela interpelle.

Toutes les actions que l’on peut qualifier d’alternatives, comme le zéro déchet, sont ainsi sources de questionnements, d’intérêts mais parfois aussi de réticences voire de rejet.

Communiquer sur sa démarche zéro déchet n’est pas toujours une mince affaire. Ainsi, lors de l’atelier de mai, nous avons exploré ce qui permettrait de mieux appréhender les situations où nous rencontrons des résistances face à nos propos “zéro déchet”.

Avant-propos…

Qu’est-ce qu’une résistance ?

Une résistance (quelle qu’elle soit) est une réaction active qui cherche à s’opposer pour annuler l’effet recherché. Ainsi lorsque je propose un discours, un point de vue, une idée (comme le zéro déchet), qui a un effet bousculant chez mon interlocuteur (pour plein de raisons possibles et différentes pour lui) alors celui-ci peut chercher à annuler cet effet afin de revenir à un équilibre stable pour lui.

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Face à une résistance, nous pouvons apprendre à réagir en écoute à la fois de l’interlocuteur et de notre message responsable qui nous tient à cœur.

Il s’agit notamment de commencer par observer et de reconnaître qu’il y a une résistance chez notre interlocuteur. Et ensuite de tenir compte de cette résistance, de la respecter (cela ne sert à rien souvent de bousculer encore plus), et même de la reconnaître verbalement pour montrer son ouverture et son écoute à l’autre.

 

Propos tirés de la Lettre Nature Humaine : Lire la lettre Nature Humaine

Mais comment ?

Voici quelques exemples de réactions/résistance, et différentes manières d’y réagir en retour…

Résistance observable

Réaction
« sans écoute »

Prise en compte de la résistance, écoute

  • PAS LE TEMPS

“ça prend trop de temps ton truc”, “je n’ai pas le temps”

Mais si, ça te fait gagner du temps tu sais, ça prend vraiment pas de temps le zéro déchet
  • Combien de temps penses-tu que cela te prendrait ?
  • Dans le temps disponible que tu as, quelles sont les actions que tu aimerais pouvoir faire ?
  • PAS D’IMPACT

“ça ne change rien à ma petite échelle de faire ça”

Mais si, tu sais
c’est en faisant tous de petites choses que
l’on aura un impact à grande échelle,
il faut bien que des personnes commencent
  • Quels sont les engagements qui te tiennent à cœur, qui auraient de l’impact ?
  • Qu’est-ce que tu aimerais voir changer et comment ?
  • PAS LA CAPACITÉ

“c’est trop compliqué ton truc”, “il faut savoir trop de choses”

Mais non, c’est facile,
tout est dans un seul livre
chez moi, et c’est du bon sens au final
  • Qu’est-ce que tu ferais déjà de proche du zéro déchet sans t’en rendre compte ?
  • Quel tout petit pas te semblerait simple ?
  • PAS D’INTÉRÊT

“”ça ne m’intéresse pas”, “ça ne m’apportera pas grand chose”

⇒ Mais si, c’est en commençant justement
que ça devient intéressant
et qu’on se rend compte
que ça nous apporte énormément
  • Qu’est-ce qui est important pour toi avec l’écologie ?
  • Quels sont les domaines qui t’intéressent plus ?

Il y a encore bien d’autres “type” de résistance que nous pouvons avoir face à un  bien sûr, à nous d’être attentif à l’état de notre interlocuteur, à ce qu’il exprime au fond.

Rq : les “réactions sans écoute” qui sont données en exemple ici, sont bien des exemples, et ne signifient pas qu’elles donnent de “mauvaises réponses”, ce sont des réponses qui peuvent avoir beaucoup de sens pour nous, mais qui dans le contexte donné ici, peuvent avoir un effet de renforcement de la résistance. Les réactions données en exemple pour prendre en compte la résistance sont aussi des propositions, des pistes à éventuellement explorer.

Avec une courte mise en situation pendant les ateliers, voilà les pistes et principes qui vous ont semblé importants pour être serein dans une communication sur la démarche Zéro Déchet :

  • Raconter sa propre expérience

En parlant de son histoire, de ce qui nous a amené à mettre en place le zéro déchet dans notre quotidien (déclic, valeurs, sensibilisation…), en racontant son récit…  le discours proposé appartient seulement à nous et ne demande pas à l’autre de faire comme nous. Attention donc dans notre histoire à garder un message d’humilité, et à ne pas inclure des messages comme “il faut”, “on doit” qui implique la responsabilité de l’autre automatiquement et peut l’amener à culpabiliser.

  • Être curieux de l’autre, lui poser des questions

En s’intéressant à l’autre lorsqu’il réagit en résistance face à notre discours autour du zéro déchet, nous pouvons ouvrir des portes d’expression pour l’autre, et mieux comprendre ce qui le motive, ce qui est important pour lui, ce qui l’intéresse. Les liens se font lorsque le dialogue s’articule alors autour des intérêts communs. En élargissant l’échange à un sujet plus large que le zéro déchet, une compréhension plus fine peut être aperçue par chacune des personnes.

  • Inspirer par des actions concrètes

Au boulot par exemple, avoir ses couverts, sa serviette et sa gourde peut amener les collègues à s’intéresser à ce que nous faisons, et voir vraiment que cela est important pour nous puisqu’on amène ces choses là jusqu’au travail. Avec du concret sous les yeux, les échanges peuvent se simplifier.

  • Communiquer ce qui est vraiment vécu, de facile comme de plus compliqué

Rester authentique avec ce que nous vivons vraiment au travers de la démarche zéro déchet permet de donner une note plus humaine dans le discours. Ainsi, si nous doutons parfois de l’intérêt, de la pérennité de notre démarche, si nous avons des dérapages plus ou moins assumés, apprendre à communiquer sur ces aspects rend le discours différent, parfois plus abordable. Nous sommes complexes, et cela n’aurait pas de sens que cela ne le soit pas aussi pour le zéro déchet.

  • Proposer quelque chose à l’autre

Faire un pas vers l’autre en lui proposant de l’aider sur quelque chose qu’on apprécie, ou d’aller ensemble à un atelier, permet de faire un petit pas engagé qui assure à l’autre que la volonté, les valeurs, et l’engagement de notre part sont bien là et que le lien social est tout aussi important que le respect de l’environnement.

Enfin l’humour et l’autodérision sont de bons amis dans bien des cas !

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